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Cité Philo - Hauts-de-France

Lors d’une nuit d’été 1954, dans les studios du label Sun Records à Memphis, Sam Phillips a le génie d’enregistrer Elvis Presley qui interprète un blues écrit par Arthur Crudup, That’s All Right. Quelque chose vient de se passer. That’s All Right est à la fois un événement impromptu et un objet durable, aussitôt immortalisé par l’enregistrement. L’identité du rock est à rechercher dans cette étrange superposition. Le rock est souvent défini comme un phénomène social : il s’agirait d’une musique énergétique, voire pulsionnelle, qui exprimerait l’élan réprimé d’une jeunesse rebelle. Mais une autre approche est possible. La plus grande originalité du rock est d’avoir produit un nouveau type d’entité esthétique : les disques. Car les disques de rock ne font pas qu’enregistrer des chansons, ce sont des œuvres à part entière, des œuvres phonographiques. Quel rapport cet objet fini qu’est l’œuvre rock entretient-il avec les événements et les processus de sa création en studio ? C’est à cette question qu’il faut répondre, à la fois pour apprendre à écouter cette musique, et pour en éprouver la puissance politique singulière.

En présence de

Modérateur :

MP

Mickaël Perre

professeur de philosophie au Lycée Pierre d’Ailly de Compiègne