Édition 2026/2027
thème Que nous arrive-t-il ?
Tout événement, surtout s’il est porté par une vague grosse de menaces, se présente comme chargé d’affects : angoisse, effroi, sombres pressentiments, mais aussi révolte et espoir. Si ce qui nous arrive n’est que partiellement représentable, il faut pourtant dépasser cet état instable, en commençant par interroger le « nous » de la question initiale : « que nous arrive-t-il ? ».
Du singulier de chacun au pluriel des collectifs d’appartenance et d’engagement, ce « nous » est ouvert et mouvant à l’instar des rencontres de Citéphilo qui rassemblent le public autour d’auteurs et de questions diverses. Éclairer le confus, distinguer et faire dialoguer les points de vue, telle est notre ambition depuis trente ans.
Comprendre ce qui nous arrive requiert de faire saillir les lignes de force du présent : ne pas se contenter de ramener et de réduire le nouveau à du déjà vu, mais tenter de nommer l’événement. L’événement, ce qui arrive, a deux faces : il surprend, mais il transforme en même temps. L’événement n’est pas seulement ce que nous subissons malgré nous, chacun se l’approprie et le façonne à son contact. Penser l’événement, c’est le regarder en face, en faire « son affaire » et se disposer à l’affronter.
À quoi rattacher tous ces discours menaçants, ces pratiques violentes dont on voit les effets dans les attaques contre la liberté d’éditer, dans un domaine aussi concentré, à l’audiovisuel public, à l’université paupérisée, objet de mauvais procès. Tout ce que l’extrême-droite américaine nomme la Cathédrale, toutes ces voix discordantes, n’ont qu’un seul ennemi : la pensée libre. L’idéologie néo-réactionnaire – Les Lumières sombres -, est un ensemble hétéroclite où l’on repère des noms connus. Pourquoi Carl Schmitt, juriste nazi, inspire-t-il à nouveau de tels courants ? Que signifie cette ombre portée sur le…
Pays invité La France
Pour notre 30è édition, après l’Italie, l’Inde, le Portugal, la Belgique, le Royaume-Uni, Berlin, l’Iran, les Caraïbes, l’Afrique, le Japon, l’Ukraine, nous avons choisi d’inviter la France.
Pourquoi la France ? Parce que, prise dans ses différentes dimensions – un nom propre, un espace physique, un espace social et politique représentable en termes de continuités et discontinuités, une entité économique et, un espace symbolique organisé autour de rituels consolants si l’on en croit l’anthropologue du droit Pierre Legendre, elle constitue un « ici et maintenant » où nous nous situons et nous…
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